Posté le 02 Mars 2017

Mon chien est anxieux: que puis-je faire ?

Pour une raison qui nous échappe, notre chien, qui n'avait jusqu'à maintenant jamais montré de signe, a développé un trouble du comportement.

Introduction

Le terme « anxiété » tel qu'on l'utilise fréquemment chez le chien est un terme large qui regroupe plusieurs troubles du comportement et qui se présente de manière très différente d'un chien à l'autre. La majorité des animaux avec un problème de comportement ne sont pas mal éduqués, mais répondent anormalement à une condition sociale ou environnementale. Les conditions modernes dans lesquels nos compagnons sont gardés peuvent exacerber les problèmes d'anxiété. Par exemple, l'ennui est considéré comme un élément déclencheur de certains troubles obsessionnels. 


Les racines de l'anxiété

Le développement psychologique du chiot débute en jeune âge, soit lors des premières phases du développement. Des expériences ont montrés que les chiens de 0 à 8 semaines d'âge sont dans la phase maximale de socialisation avec les autres chiens, et qu'une dépravation de ce développement entraîne un problème dans l'interaction avec d'autres chiens à l'âge adulte. À partir de la 5ième à la 12ième semaine d'âge, les chiots doivent être exposés à des humains, dans ce qui est appelée la phase de spécialisation. Finalement, de la 12ième à la 20ième semaine, les chiots entrent dans la phase d'exploration de nouveaux environnements. Tout défaut dans le déroulement de ces phases peut entraîner le développement d'un trouble du comportement. Toutefois, et malgré le suivit attentif de ce développement, certains chiens développent un trouble du comportement à l'âge adulte. Encore mal compris, la génétique semble jouer un rôle dans certaines races, lignées ou familles de chiens. Finalement, notre mode de vie actuel affecte l'environnement social et environnemental des chiens et peut contribuer au développement de troubles du comportement. 



Les signes d'un chien anxieux

Voici quelques troubles du comportement liés à un état d'anxiété élevé: 

  • Agressivité inappropriée*
  • Peur du tonnerre ou d'autres bruits
  • Peur des étrangers ou d'un sexe en particulier (souvent les hommes)
  • Jappements inappropriés** 
  • Comportements obsessionnels : 
  • Destruction de biens
  • Léchage excessif (souvent localisé)
  •  Automutilation
  •  Anxiété de séparation

* Dans le domaine de l'agressivité, il est important de faire poser un diagnostic précis par un vétérinaire comportementaliste qui peut mieux classifier le problème pour l'aborder (il existe différents types et différents degrés d'agressivité)

** Pour tous les troubles du comportement, il est important de considérer le contexte dans lequel le geste se produit. Par exemple : un jappement pour avertir que quelqu'un entre dans son territoire est un comportement « normal » du chien, mais qui est perçu comme une nuisance par le propriétaire. 

Quoi faire ? 

 La première étape dans le diagnostic d'un trouble du comportement est d'éliminer toutes les causent sous-jacentes qui pourrait être à l'origine du problème. Par exemple, un chien qui fait du léchage excessif localisé pourrait souffrir d'un inconfort (dermatite, allergie, blessure, tumeur, etc.). 

 L'approche la plus importante dans le cas d'un problème de comportement est de travailler avec son chien. Cela signifie : 

1) Identifier et éliminer toute source qui peut avoir entraîné le début du comportement. (Note : celle-ci n'est pas toujours identifiable ou peut avoir disparu, mais le comportement est demeuré)

2) Procéder à une modification du comportement : 

a. Relaxer le chien (environnement calme, retirer les éléments perturbateurs, autres chiens, bruits, etc.)

b. Augmenter son niveau d'exercice

c. L'occuper lorsque se déclenche le geste à corriger (attirer son attention, le récompenser lorsqu'il ne pose pas le geste, jouer avec lui. S'il est seul dans la journée : ajouter un compagnon, manger à la maison le midi, etc.) ou le forcer à changer son comportement en lui enseignant un nouveau comportement qui l'occupe. 

d. Répéter cette séquence le plus souvent possible

* Note : la punition verbale ou physique ne permet pas de régler le problème et peut quelquefois l'exacerber. 

3) Pour certains chiens, une médication doit accompagner la modification du comportement pour faciliter l'apprentissage et le suivit.

a. Antidépresseurs : ex. ClomiCalm ou Amitriptyline

La dose du médicament dois être augmentée progressivement jusqu'à l'atteinte d'un effet. Celle-ci peut être donnée sur plusieurs semaines (entre 6-8 généralement) pendant que se déroule la modification du comportement à la maison. Le sevrage devra être progressif (sur 2 semaines). Certains chiens requièrent un minimum de médication à vie malgré la thérapie comportementale. 


Fernando Alvarez. m.v. 

Références : 

Overall, Karen L., Clinical Behavioral Medicine For Small Animals, Mosby Publishing, 1997. 

Animal Behavior Resources Institute, http://abrionline.org/ , 2013.